Bulletin paroissial  
AOUT 2020 

Marie, comblée de grâce 

Chers frères et soeurs,

 

Nous célébrerons très prochainement en la date du 15 août l'Assomption de la Vierge Marie. Par cette vérité de foi chrétienne (dogme religieux), l'Église rend compte de l'entrée dans la gloire de Marie, la mère de Jésus, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre. Ce qui arrive à Marie prophétise ce qui est promis à l'Église, sainteté et résurrection. Du reste, l'évangéliste Luc (1, 39-56) montre que tout en Marie vient de la grâce de Dieu.

 

Effet, le salut de l'ange Gabriel à Marie est plus qu'un simple bonjour : en lui résonne l'appel à la joie, adressé jadis à la Fille de Sion devant la perspective de la délivrance du peuple de Dieu (Za 2, 14). Ce salut introduit une révélation : Marie est « comblée de grâce ». Jésus est habité par la plénitude de la grâce, parce qu'il en est la source active : il se tient du côté de Dieu qui la donne. Marie est la bénéficiaire passive d'une grâce qui a une plénitude, parce qu'elle la reçoit. Elle est toujours selon le mot de l'ange celle qui « a trouvé grâce devant Dieu » (Lc 1, 30). Cette grâce n'est rien d'autre que la bienveillance amoureuse de Dieu envers les hommes, la bénédiction dont nous sommes objet de sa part, la faveur, le don mystérieux de Dieu à nous pour faire notre bonheur, le bienfait, l'indulgence, l'amabilité, la gentillesse, l'amitié gratuite, etc.

 

Comme chacun d'entre nous, Marie est élue et prédestinée par Dieu dès avant la fondation du monde, pour être la fille adoptive du Père. Comme nous tous, elle a été rachetée du péché par le sang du Christ. Mais sa vocation a aussi, à l'intérieur du grand dessein de Dieu, quelque chose d'unique : elle a été choisie pour être la mère de Jésus, de celui « qui sera saint et sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1,35). C'est pourquoi elle est « bénie entre toutes les femmes » (Lc 1, 42). Appelée à devenir la demeure de l'Esprit Saint, appelée à tisser en son propre corps le corps du seul « saint », Marie reçoit de Dieu la grâce de la justice et de la sainteté. Le destin de Marie, dans ce qu'il a de commun, comme en ce qu'il a d'unique, doit tout à la grâce. Marie est «mère de Dieu » puisque Jésus est à titre personnel le Fils unique et éternel de Dieu. Pour le service de son Fils Marie a été comblée de sainteté.

 

Dès lors, on comprend que la maternité divine de Marie l'a placée en contact brûlant avec la sainteté de Dieu. Marie est entièrement sainte, elle n'a commis aucun péché personnel ; plus encore sa sainteté est initiale et même originelle. Quand l'Ange dit à Marie « le Saigneur est avec toi », il exprime le don de la justification fait à Marie. Dieu lui annonce « tu es avec moi, tu es mon côté ». Quand l'Ange salue Marie comme celle qui « a trouvé grâce auprès de Dieu », il exprime un don sans limite qui exclut toute disgrâce, même celle dans laquelle nous naissons tous du simple fait d'appartenir à une humanité marquée par le péché. Comme nous tous, Marie a été libérée du péché, et sauvée par la croix et la résurrection du Christ. Mais cette libération a pris chez elle non la forme de la guérison ou de la purification, mais celle de la préservation. C'est dans ce sens que nous sommes conviés à comprendre son Assomption.

 

Abbé Clément NSELE